3. Extraction par Enfleurage

 

Ce procédé d'extraction d'essences entièrement manuel fut découvert dans l’antiquité et particulièrement exploité à Grasse durant le XIXème et le début du XXème siècle. Cette technique, maintenant abandonnée, était utilisée avant le développement de l'extraction par solvant. Elle se base sur le pouvoir d’absorption d’une huile essentielle par les corps gras.

Il existe deux types d’enfleurage :

  • L’enfleurage à froid (ou macération)                   
  • L’enfleurage a chaud (ou digestion)

 

A) L'Enfleurage a froid

 

 Enfleurage manuel à froid ( début du siècle)

L'enfleurage se passe à température ambiante, les fleurs ne sont donc pas soumises à de fortes températures et le parfum n'est pas altéré.

Les pétales de fleurs sont soigneusement triés, puis piqués délicatement sur des plaques de graisse animale (châssis), qui vont absorber les huiles essentielles. Lorsque tous les parfums sont transférés à la graisse, les fleurs sont enlevées et remplacées par des fraîches. Ce processus est répété à plusieurs reprises jusqu'à ce que la graisse soit saturée d'huile essentielle.

On recueille la graisse avec une spatule. Les graisses parfumées sont alors traitées à l'alcool dans des batteuses afin d'obtenir des pommades. Durant cette extraction, les molécules odorantes se dissolvent dans l'alcool. Le mélange est refroidi afin de pouvoir ôter la graisse appauvrie en essence par filtration. L'alcool s'évapore ne laissant alors que l'huile essentielle. On obtient ce que l'on appelle une absolue.

On peut également pratiquer l'enfleurage sur des toiles de coton posées sur des treillis métalliques et imbibées d'huile... Lorsque l'opération d'extraction est terminée, on détache les toiles et on les presse.

Cette technique est réservée aux plantes extrêmement délicates comme le jasmin, la tubéreuse ou la violette.

 

enfleurage de jasmin

Un châssis d'enfleurage

 

B) L'enfleurage à chaud


Il est utilisé pour des plantes comme la rose, la fleur d'oranger, l'acacia et le mimosa, pour lesquelles l'enfleurage à froid est insuffisant pour extraire toute l'essence.

Les plantes moins fragiles peuvent subir une macération à chaud, plongées dans de la graisse absolue très pure (environ 75% de porc et 25% de bœuf), fondue au bain-marie. Elles infusent en moyenne pendant deux ou trois jours à une température de 60°C environ. Les fleurs sont agitées avec une palette en bois pendant 2 heures et remplacées par des fleurs fraîches tous les jours. Cette graisse est ensuite filtrée et la pommade ainsi obtenue est traitée de la même manière que pour la technique à froid. On obtient donc, de même qu'à froid, une essence absolue.

 

 

C) Les avantages : une qualité incomparable


 La technique de l’enfleurage permet d'extraire l'huile essentielle de plantes, ou parties de plantes, dont l’arôme est trop fragile pour supporter la chaleur d’une distillation. Cette chaleur détruirait les fleurs avant qu’elle puissent libérer leur huile essentielle. L’enfleurage est alors utilisé pour certaines fleurs, très délicates, qui continuent à dégager leur parfum longtemps après avoir été cueillies et qui ont de très faibles teneurs en huile essentielle.

On obtient une absolue, une huile essentielle de très haute qualité olfactive. De plus, cette technique est entièrement biologique puisque l'on ne recours pas à des produits polluants ou à des solvants.


 

D) Les inconvénients : un rendement faible


Cette pratique, entièrement manuelle et très onéreuse, a quasiment disparu de nos jours. En effet, les conditions nécessaires à l'élaboration de ces produits sont très exigeantes : elle nécessite une importante main-d’œuvre (soins extrêmes apportés aux plantes, manipulation délicate...), un grand nombre de matériaux (châssis, batteuses..), une manipulation difficile de la graisse qui fond dés qu'il fait trop chaud, et un temps d'extraction extrêment long...

Par cette méthode, 1 kilo de graisse peut absorber le parfum de 3 kilos de fleurs, les essences extraites font donc partie des plus chères ! Industriellement,  cette technique a été abandonnée vers 1930. Ce processus coûteux est donc très rarement utilisé aujourd'hui, sauf dans de rares endroits en France et en Inde (Arnould, 1981).

 



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