Chimiotypes (ou chémiotypes)

 

1. La variabilité du chimiotype

Le nom commun des huiles essentielles devrait être suivi du nom botanique de la plante afin d’éviter les confusions. L'utilisation thérapeutique de plus en plus affinée des huiles essentielles a une raison majeure : la connaissance approfondie des plantes a mis en évidence que, pour certaines plantes de la même variété, il existe des différences de composition suffisamment importantes pour les distinguer, en parlant de race chimique ou chimiotype.

L’exemple le plus typique est celui du thym (thymus vulgaris) :

Sept chimiotypes principaux ont été dégagés par des recherches, présentant des substances différentes qui sont dominantes de 30 à 90 % dans chacune des plantes.

Sa variabilité chimique est largement influencée par son environnement : sol, altitude, pression, climat (température, pluviométrie, et ensoleillement)... Mais aussi par la partie de la plante qui a été utilisée pour l’extraction de l’huile essentielle (fleur, zeste, racine…). Il semble tout de même que ce soient les facteurs pédologiques et climatiques qui provoquent une séparation entre le géraniol, le linalol et l'alpha-terpinéol d’une part et d’autre part les types thuyanol-4, terpinéol-4 et les phénoliques (les différents composés pouvant être présents dans l’huile essentielle de thym).

Diverses expériences ont été réalisées sur les bactéries, les animaux mais aussi sur l'homme, pour tester la toxicité de différentes espèces chimiques présentes dans les huiles essentielles. Cetaines d'entre elles sont expliquées dans Progrès en dermato-allergologie : Bordeaux 2009, publié par les Edition John Libbey Eurotext.

2. La composition des huiles essentielles

Les huiles essentielles sont des mélanges complexes de constituants qui appartiennent, de façon quasi-exclusive, à deux groupes caractérisés par des origines biogénétiques distinctes : le groupe des terpénoïdes d'une part et le groupe des composés aromatiques dérivés du phénylpropane -beaucoup moins fréquents- d'autre part. Dans le cas des huiles essentielles, seuls seront rencontrés les terpènes les plus volatils, c'est à dire, ceux dont la masse moléculaire n'est pas trop élevée : monoterpènes et sesquiterpènes. En plus de ces formes linéaires, le monopropène peut s'arranger de manière à former des cycles : les plus communs ont un cycle à six carbones. L'exemple classique est celui du limonène, composé cyclique formé à partir du geranyl-pyrophosphate :

 

 

Les dérivés du phénylpropane (C6-C3) sont beaucoup moins fréquents que les précédents. Très fréquemment, il s'agit d'allyle et de propènylphénols, parfois des aldéhydes, caractéristiques de certaines huiles essentielles, telle celle du girofle (eugénol). On peut également rencontrer dans les huiles essentielles des composés en C6-C1, plus rares, tel le safrole.

Aussi, la majorité des huiles essentielles sont des mélanges d'alcools d'aldehides, oxides et d'esters. Les esters sont des composés chimiques issus d'une transformation chimique : un groupement d'atomes formé d'un atome de carbone lié simultanément à un atome d'oxygène par double liaison, à un groupement O-R et à un groupement H ou R'. Les esters sont des dérivés des acides carboxyliques, ils résultent très généralement de l'action d'un alcool sur ces acides avec élimination d'eau. Les esters sont les composés les plus odorants de l'huile essentielle, cependant leur toxicité est souvent mise en cause, bien que pas tout à fait définie à ce jour dans le cas des huiles essentielles. L'INRS met en garde sur les possibles dangers de ces composés.

 Modélisation de différents esters

 

3. La toxicité des huiles essentielles

Selon leur chimiotype les huiles essentielles peuvent être plus ou moins dangereuses :

  • Dermo-caustiques :

Les phénols, les aldéhydes aromatiques, certains aldéhydes terpéniques et certains esters peuvent irriter les peaux sensibles. D’où la nécessité de les diluer avec des huiles végétales.

Présent dans les huiles essentielle de : Cannelle de Ceylan, Basilic exotique, Menthe, Clou de girofle, Niaouli, Thym (à thymol), Pin sylvestre, Marjolaine, Sarriette, Lemon-grass.

  •  Photo sensibilisantes : 

Les furocoumarines des essences d’agrumes (citron, orange amère, bergamote), d’Ammi visnaga (khella) et l’Angélique (racine) sont photosensibilisantes. On conseille donc d’éviter leur application avant toute exposition solaire.

  • Allergisantes :

Toutes les huiles essentielles sont à utiliser avec précaution chez le sujet allergique. Attention à la Cannelle de Ceylan, la Menthe, la Litsée, la Mélisse.

 

  • Hépatotoxiques (foie) :

Les phénols pris à doses élevées et sur une durée prolongée peuvent altérer les hépatocytes. Le carvacol est le phénol le plus toxique. Les pyrannocoumarines (Ammi visnaga, apiacée) sont également hépatotoxiques.

  •  Néphrotoxiques (reins) : 

Le Pin des Landes, le Genièvre, le Santal stimulent fortement l’activité des néphrons (cellules des reins) et pourraient engendrer une inflammation des reins. Elles doivent donc être utilisées sur une durée courte.

  •  Neurotoxiques (épilepsie) :

Les cétones et, dans une moindre mesure, les lactones sont agressives pour les tissus nerveux et peuvent développer une toxicité suivant le type de cétone, la dose, ou la voie d’administration (Camphre, Thuya, Hysope, Aneth). Par exemple : risque de convulsions épileptiformes pour des doses allant de 35 à 70 gouttes avec l’Armoise, le Persil, l’Hysope et le Thuya.

 

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